









VENISE,UN LIEU MA ANCHE UN VIAGGIO NELL'EUROPA CHE MI PIACE NOT THE ONE OF THE GLOBALIZATION MAIS CELLE DES NATIONS DES PEUPLES DES CULTURES, PATRIA DELLA DEMOCRAZIA DELLA FILOSOFIA DELLA STORIA LA REINE DES VILLES AU SEIN DE L'EUROPE REINE DU MONDE
Je n'avais pas quinze ans lorsque, exilé entre les murs gothiques d’un collège anglais, dans un de ses petits studios confortables aux murs garnis de panneaux de bois sculptés, devant une fenêtre couverte de vitraux qui donnait sur le Quadrangle, vaste pelouse entourée des bâtiments de l’école qui lui donnait un air de cloître, je m’astreignais à lire sans cesse des ouvrages en français que souvent mes camarades britanniques connaissaient mieux que moi. Parmi les ouvrages découverts dans la bibliothèque du collège, il y avait les oeuvres de Camus. Ce fut une révélation. Ce que je lus m’agaça, me révolta. Mes idées d'alors - faiblesse d'adolescent - m'éloignaient des luttes et des révoltes de l'auteur. Si l'histoire de la Résistance (et l'engagement des femmes et des hommes qui ont contribué à libérer la France), me remplissait d'admiration, les républicains espagnols et le marxisme me hérissaient. Avec les années, "La Peste", "l’Étranger", "La Chute", puis son premier grand texte, "le Mythe de Sisyphe", que j’ai découvert dans le train qui me ramenait vers Douvres, me devinrent indispensables et la portée de leur message évidente, me remplissant d'ardeur.
Pourquoi Carpaccio ? Parce que cette année-là, il y avait une grande exposition de ce peintre vénitien (de son vrai nom Vittore Scarpaccia, et qui vécut de 1472 à 1526) et que ses rouges, (que l'on trouve dans les toges des dignitaires, la couverture de sainte Ursule, le corsage de la Vierge, les tentures...) rappelaient au chef la couleur des fines tranches dans l'assiette de la comtesse... En tout cas, pas à cause des filets de boeuf peints par Carpaccio, sujet qu'il n'a jamais peint, vu que ce n'était pas son genre ni celui de son époque.
Je mangerai ce soir un carpaccio de bœuf à la pizzeria d'à côté. J'en bave rien que d'y penser. En voilà une idée littéréticulinaire ! Et les chiens de Carpaccio alors ?
Et oui, ils sont bien là.
Quand les ambassadeurs anglais débarquent, dans la ville, libres ou en laisse, ou près de leur maître, dans leurs ateliers ou les grandes pièces, au pied du lit de Sainte Ursule quand elle rêve, accompagnant leur maître même en gondole, jouant sur les places publiques avec les enfants...
Mais trois sont particulièrement étonnants, deux dans une toile et un dans une autre. La première s'appelle Deux vénitiennes (ou deux courtisanes) et date de 1490.
Ces deux femmes (la mère et la fille d'après certains) sont plutôt tristounettes. Certaines hypothèses relient ce tableau à un ensemble dont un autre tableau où l'on voit des archers à la chasse aux oiseaux sur la lagune de Venise. En fait ce tableau représenterait les deux femmes sur un balcon et qui attendent le retour des chasseurs (et qui visiblement trouvent le temps long).
On voit la jeune (la fille) qui joue avec un gros chien, alors qu'un petit s'appuie sur elle.
Ces deux chiens m'impressionnent :
- le gros chien est inquiétant, de mauvaise humeur, avec des dents menaçantes. Il en a marre qu'elle ne lâche pas. Il a un oeil étonnamment humain.
- l'autre, le petit, est aussi incroyable car il semble s'adresser au spectateur du tableau et plaindre la tristesse (ou l'impatience) de sa maîtresse. Il lui tient la main,et est assis par terre comme un humain.
L'autre tableau est la célèbre vision de Saint Augustin, toile immense (141 x 211 cm) peinte entre 1502 et 1504. Tableau d'une beauté et d'une intensité à couper le souffle, dense et mystérieuse. La pièce est immense, vide bien que pleine. Pleine d'objets (et peints de quelle manière !), pleine de la lumière qui entre par la fenêtre de droite et qui laisse des ombres partout, pleine de silence et de révélation, d'écriture(s) aussi. Saint Augustin est en train d'écrire la vie de Saint Jérôme dont il entend alors la voix et qui lui annonce la mort proche et la promesse du Paradis.
Et l'incroyable, c'est qu'au point fort de cet espace,(le sujet du tableau est dehors) il y a un petit chien qui regarde.Quoi ? L'homme qui écrit et qui écoute ? 
C'est un bichon maltais. Il s'est placé dans le rai de lumière.
Que dit ce chien ?
Que nous fait-il penser ?
Il nous oblige à prendre du recul face à la scène et à l'évènement (la voix que l'on n'entend pas et qui pénètre avec la lumière). Une fois qu'on l'a repéré, on ne voit plus que lui dans le tableau, comme au sommet d'un triangle, point de départ (vers la lumière, son maître, la fenêtre) et point d'arrivée (spectacle de la scène en entier). C'est lui qui fait tenir le tableau, comme un acteur peut à lui tout seul tenir un film, le porter et le faire accepter.
Sans lui le tableau perd beaucoup de sa force de son mystère et donc de son intérêt.
Sans lui la voix se tait... et saint Augustin ne fait plus que regarder un oiseau dehors.
Pour une fois, moi qui hais les dimanches et la chaleur, l'intensité fut là grâce à Carpaccio mais aussi grâce à un livre dévoré sur place et d'une traite : "Roman avec cocaïne" de M.Aguéev, presqu'inconnu et dont on ne connaît que ce seul livre. À consommer sans modération, toutes affaires cessantes (10/18 étranger, mars 2005, no 2559).
"Livre fulgurant des années trente redécouvert en 1983, roman unique d'un auteur russe dont l'identité reste mystérieuse, Roman avec cocaïne est une œuvre de légende. À travers le portrait hyperréaliste d'un adolescent en souffrance, M. Aguéev nous offre une analyse incroyablement moderne des méandres les plus sombres de l'âme humaine."
Passer un dimanche avec un tel écrivain et un tel peintre ne fut pas de tout repos.
Tout ne pouvait se terminer, à une heure du matin, que par un bel orage.
Enfin.
Jean-Claude Bourdais - in Journal, 17 juillet 2005
La Venice Foundation(*), dans son projet "Gleam Team", propose à tous ceux qui le veulent de contribuer au financement de la restauration des dorures du magnifique plafond de la salle du Grand Conseil, au Palais des doges, avec au centre, le fameux "Triomphe de Venise" de Véronèse. Au moment où se célèbre tristement les Funérailles de Venise, appeler le monde entier à participer à la sauvegarde de ce chef-d'oeuvre symbolique du passé éclatant de la Sérénissime, est un acte fort auquel Tramezzinimag veut s'associer.En faisant un don de 200, 300, ou 400 euros, les donateurs participeront à la restauration d'une partie de ce chef d'oeuvre. Ainsi, selon le montant versé, chaque donateur sera parrain d'un mètre carré du plafond. La salle fait 1300 m² ! Selon son niveau, il est ainsi appelé à jouer le rôle d'un roi mage, en ce temps de l'Avent qui commence. Les montants se répartissent de la façon suivante :
Quand la collecte des fonds sera terminée, la liste détaillée des donateurs sera imprimée (pour chaque mètre carré parrainé). Pendant la durée de la collecte, une liste affichée dans la salle même sera mise à jour à chaque nouveau don.
Cette initiative est due à la Venice International Foundation, présidée par Franca Coin, dont Tramezzinimag a déjà parlé. Association sans but lucratif, née en 1996, c'est un des Comités Privés Internationaux pour la Sauvegarde de Venise, inscrits au programme de l'UNESCO. La fondation est placée sous la tutelle de la Région Veneto.
Tramezzinimag s'associe à cette initiative. Les lecteurs intéressés peuvent me contacter par courriel. Je leur adresserai en retour toute la procédure à suivre. A la clôture, nous publierons la liste des participants et les montants adressés à la Fondation.

Après les Funérailles de Venise (voir le billet précédent) qui ont eu lieu samedi et symbolisaient la déchéance de la Sérénissime avec une population passée en-dessous du seuil de 60.000 habitants pour la première fois dans son histoire (moins que la population de la ville à l'époque des épidémies de peste !), des rescapés vénitiens ont eu l'idée de créer l'opération Voglio diventare veneziano.
"Venice far off, low rose coloured upon the water..." ("Venise lointaine, rose pâle sur l'eau...")
La San Martino est un évènement important dans l’automne vénitien. Chaque année en général, pour le 11 novembre le temps se fait plus clément, comme une accalmie dans l’approche de l’hiver. Il fait plus doux et le soleil brille et réchauffe plus que les jours précédents. C’est le fameux été de la Saint Martin... Mais que vient faire à Venise un saint né en Hongrie (au IVe siècle de notre ère) dont on dit qu’il était soldat dans les légions romaines avant de devenir bien plus tard évêque de Tours ?
Vous connaissez sans aucun doute la légende qui raconte que sur une route, il rencontra un pauvre frigorifié à qui il donna la moitié de son manteau. On le retrouve quelques années plus tard évêque de Tours, dans une France encore romanisée. Il mourut en 397 à Candes. On le vénère depuis pour de nombreux miracles et c’est un des saints les plus populaires de la religion populaire. C’est le protecteur de Burano dont l’église lui est dédiée. Mais il y a aussi à Venise, près de l’Arsenal, la belle petite église San Martino, que Tramezzinimag a déjà plusieurs fois évoqué, et qui organise chaque année une fête votive en l’honneur de son saint patron.
Dans cette épicerie, on trouve de tout. C'est là que j'achetais du vrai yaourt turc et de la feta. On y trouvait même à une époque des paquets de Maïzena et des biscuits anglais. Ce n'est plus tout à fait la même chose aujourd'hui, mais elle demeure là, paradis des collégiens qui viennent en voisin s'approvionner en bonbons et en boissons fraîches.
C'était le 6 novembre 1980. Un jeudi, vers 10 heures du matin. Vingt neuf ans déjà. Je ne l'avais plus revu depuis le dimanche où nous avions fêté mon anniversaire. Je venais d'avoir 25 ans. Il n'en avait pas 60... Terrassé par une embolie pulmonaire, après une longue maladie qu'il n'avait pas vraiment soigné, lui le médecin acharné à guérir et à soulager. Il souffrait terriblement depuis plusieurs semaines. Anéanti aussi par trop de désillusions, de chagrins, de déceptions. Il avait cessé de se battre. Peut-être ne voulait-il plus vraiment vivre.
Mais la relève est tout de même bien assurée par les giovanissimi, habiles rameurs déjà, tout en puissance et en style que leurs aînés ne peuvent qu'admirer. La tradition remiera est loin d'être menacée de disparition ! On s'en réjouit.La Remiera Casteo fait circuler depuis un certain temps une pétition contre le moto ondoso, ces remous, incessants et dangereux pour les embarcations comme pour les bâtiments, provoqués par les trop nombreux bateaux à moteur qui, à l'instar des ambulances, de la police et des pompiers, se déplacent à des vitesses vertigineuses jusque dans les petits canaux du centre. Je vous invite à la signer en mentionnant dans le commentaire que vous venez de la part de Tramezzinimag. Pour signer, cliquer ici
On sait bien que la Toile réserve des surprises à qui s'y aventure. Le hasard a fait que, en cherchant autre chose, je me suis retrouvé à feuilleter les carnets culinaires d'un gourmand en vadrouille à Venise.
Venise baroque
Musique italienne pour flûte et guitare
Guide des instruments anciens
Ristorante Villa '600
Bordeaux est une ville qu'on visite le plus souvent pour sa magnifique architecture du XVIIIe siècle? qui vaut au Port de la Lune son inscription au Patrimoine Mondial de l’humanité par l'Unesco. Les règnes des deux derniers monarques du siècle des Lumières ont fait de la capitale de la Guyenne, un petit Versailles. N’en déplaise à Arthur Young qui visita la ville peu avant la révolution, c’est effectivement magnifique, parfois grandiose. Mais moi, ce qui m'a toujours davantage ému, ce sont les vestiges architecturaux des années antérieures à la grande mutation des Lumières. Les vestiges de la période médiévale, ceux de la Renaissance ou du temps de Louis XIII offrent à mes yeux une beauté plus sobre et plus proche de ma sensibilité. Parfois très ornées, ces façades montrent toujours la même simplicité, une grande harmonie sans ostentation. Quelque chose qui rappelle les villes hanséatiques ou la Venise humble des marchands. La musique aussi, avant Rameau et Glück ; celle des tambourins et des musettes du début de la période baroque.
Ce livre est à ranger en bonne place dans notre "musée imaginaire". Pour avoir pu le feuilleter, je puis vous affirmer que l'émotion esthétique qui se dégage de cet ouvrage, vaut bien la découverte d'une oeuvre qu'on fait une ou deux fois dans sa vie dans un musée visité pour la première fois, et qui nous marque à jamais.
Né dans une famille de fonctionnaires et de marchands, c'est un ambitieux. Il aime le luxe et le pouvoir mais sait bien que pour accéder au sommet de la hiérarchie sociale de la République et voir un jour son nom inscrit solennellement au Livre d’Or qui recense les familles aristocratiques et permet d’espérer donner un jour à la République un doge, un amiral ou des sénateurs, il faut réunir bien des conditions difficiles à remplir.
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